Vous venez d’acheter un jean moto certifié AA. Vous êtes en sécurité ? Pas nécessairement autant que vous le pensez. La norme européenne EN-17092, qui régit aujourd’hui la protection des vêtements moto en Europe, joue un rôle essentiel : elle fixe un seuil minimum de résistance en dessous duquel aucun équipement ne peut prétendre être protecteur. C’est un progrès majeur pour les motards et les consommateurs.
Mais cette norme a une limite structurelle : elle certifie qu’un vêtement atteint un plancher de résistance, sans permettre de comparer les performances réelles entre deux produits du même niveau. Résultat : deux équipements moto homologués AA peuvent offrir des protections très différentes en situation de chute réelle.
Comprendre comment fonctionne cette norme et ce qu’elle ne mesure pas est indispensable pour choisir un équipement moto réellement adapté à votre pratique.
Les méthodes de test des vêtements moto sont issues de plusieurs décennies de recherche. Dans les années 1990, le chercheur britannique Roderick Woods développe à l’université de Cambridge une machine capable de reproduire l’abrasion d’une chute sur l’asphalte.
Ce protocole sert de base à la première norme européenne pour vêtements moto, EN 13595, publiée en 2002 et destinée aux équipements professionnels, avec des exigences élevées souvent atteintes par le cuir.
Au début des années 2010, sous l’impulsion notamment d’initiatives françaises visant à adapter ces exigences au marché du motard grand public, la certification commence à s’ouvrir à des vêtements plus variés, comme les textiles techniques ou les jeans renforcés.
Cette évolution aboutit à la norme actuelle EN 17092, qui introduit les classes A, AA et AAA et utilise la machine Darmstadt, mieux adaptée à la diversité des équipements moto modernes.
La norme européenne EN17092 est aujourd’hui la référence pour la certification des vêtements de protection moto. Elle classe les équipements en trois niveaux principaux :
Classe AAA : Le plus haut niveau de protection disponible, avec une incidence notable sur le confort. Cet équipement vous protégera d’une glisse à haute vitesse, donc est plutôt prévu pour un usage piste. Les coques de protection anti-chocs sont en place au niveau des épaules, coudes hanches et genoux.
Classe AA : Le niveau de protection intermédiaire avec le meilleur compromis confort/protection. Pour un usage sur route. Les mêmes coques de protection que ci-dessus.
Classe A : Le niveau de protection « basique », qui assure donc un blouson/pantalon plus confortable, moins contraignant en ville. Idéal pour les basses vitesses et les situations présentant peu de risques. Les coques aux hanches ne sont plus obligatoires dans les pantalons.
Cette certification porte sur le vêtement complet, et non sur le tissu seul. Elle évalue plusieurs critères combinés :
La norme distingue trois zones dans le vêtement, selon leur exposition lors d’une chute :
Les exigences les plus élevées concernent la zone 1, c’est-à-dire les zones statistiquement les plus touchées lors d’un accident moto.
La norme EN17092 définit des seuils minimaux de résistance à l’abrasion. Pour simplifier, chaque niveau correspond à une vitesse de référence lors des tests :
Niveau A → résistance à l’abrasion pour un impact à 45 km/h
Niveau AA → résistance à l’abrasion pour un impact à 70 km/h
Niveau AAA → résistance à l’abrasion pour un impact à 120 km/h
Ainsi, la classe AA couvre une plage de performance très large : le seuil commence à 70 km/h
et va jusqu’à 119 km/h. Deux vêtements certifiés AA peuvent donc offrir des niveaux de protection très différents.
La norme garantit seulement que le produit dépasse le minimum requis. Un vêtement qui résiste juste au-dessus de 70 km/h et un autre testé à 115 km/h recevront exactement la même étiquette AA.
Dans la pratique, cette logique de seuil influence la conception des produits. Lorsqu’un fabricant vise la certification AA, il cherche généralement à atteindre le niveau requis sans le dépasser : aller nettement au-delà implique plus de matière technique, davantage de coût et un compromis sur le poids, la souplesse ou la respirabilité du vêtement. Comme l’étiquette finale restera identique, l’incitation à dépasser largement le seuil reste limitée.
Pourtant, du point de vue du motard, quelques dizaines de kilomètre-heure supplémentaires changent fortement la réalité d’une chute. L’énergie augmentant avec le carré de la vitesse, passer de 70 km/h à 90 ou 110 km/h ne représente pas un simple écart marginal, mais un saut important en termes d’abrasion et de chaleur générée lors de la glissade. C’est pourquoi des performances réellement supérieures demandent beaucoup plus de technologie textile, alors même que la norme, en l’état, ne permet pas de les rendre visibles pour le consommateur.
Prenons trois jeans moto appartenant tous à la même classe AA selon la norme EN17092. Le premier est conçu pour atteindre le seuil minimal de la norme, soit environ 70 km/h lors des tests d’abrasion. D’autres tissus plus performants peuvent résister à 90 km/h, voire 110 km/h, tout en restant dans cette même classe normative.
En apparence, l’écart peut sembler limité : 90 km/h représente +29 % de vitesse par rapport à 70 km/h, et 110 km/h environ +57 %. Mais la réalité d’une chute est différente, car l’énergie à dissiper augmente beaucoup plus vite que la vitesse. Entre 70 et 90 km/h, l’énergie en jeu est déjà environ +65 % plus élevée, et entre 70 et 110 km/h, elle devient près de deux fois et demie plus importante (+147 %).
Ces écarts ne relèvent pas d’une hypothèse théorique : ils correspondent à des situations de circulation courantes pour un motard. Si 70 km/h constitue le minimum requis par la norme, des niveaux comme 90 ou 110 km/h reflètent des conditions de chute beaucoup plus représentatives d’un usage routier réel.
C’est précisément pour rendre ces différences visibles qu’ARMALITH® exprime ses performances directement en vitesse de chute. Dans sa gamme, des tissus 70 km/h, 90 km/h et 110 km/h peuvent appartenir à la même classe AA, tout en répondant à des niveaux de protection très différents. Cette lecture en km/h permet de mieux comprendre ce que la norme ne montre pas : l’écart réel de protection entre deux équipements pourtant certifiés de la même manière.
Chez ARMALITH®, nous avons choisi d’exprimer la performance des tissus directement en vitesse de chute, plutôt qu’en niveau de certification seul. Cette approche repose sur des protocoles d’essais d’abrasion reconnus notamment les tests Darmstadt et Cambridge qui permettent de relier une vitesse, une distance de glissade et le comportement réel du matériau.
Exprimer la protection en km/h présente plusieurs avantages concrets pour le motard :
Le cuir reste une référence historique dans l’équipement moto, notamment en compétition. L’une de ses propriétés clés : il génère une forte friction lors d’une glissade, ce qui réduit la distance parcourue et, par conséquent, les risques de rencontrer un obstacle.
Le cuir présente également un autre avantage pratique : les dommages sont généralement visibles après une chute, ce qui permet d’évaluer facilement si la combinaison peut être réutilisée.
Certains textiles techniques modernes peuvent dépasser le cuir en termes de rapport résistance / poids mais leurs dommages internes sont moins visibles après un accident. Chaque matériau implique donc des compromis différents selon l’usage.
Il est important de distinguer deux notions dans les textiles techniques : les fibres et les architectures textiles. Parmi les fibres les plus courantes dans l’équipement moto homologué :
Certaines architectures, comme SuperFabric®, utilisent des microplaques très dures qui dévient l’abrasion. Elles offrent une excellente résistance, mais peuvent être très glissantes ce qui signifie que l’énergie de la chute est peu dissipée, et que le motard continue à glisser sur une plus grande distance.
D’autres approches cherchent au contraire à exploiter les performances des fibres les plus résistantes tout en conservant le comportement mécanique d’un textile. C’est notamment le cas d’ARMALITH®, qui utilise une fibre UHMWPE, aujourd’hui considérée comme la plus performante en termes de rapport résistance / poids, intégrée dans une architecture textile brevetée. Cette construction particulière consiste à encapsuler le cœur technique de la fibre dans une structure coton-denim, ce qui permet de conserver l’apparence et le confort d’un tissu classique tout en bénéficiant de propriétés mécaniques très élevées. Cette architecture répond également à plusieurs défis techniques propres à l’UHMWPE, notamment sa mise en œuvre industrielle, sa faible adhérence aux teintures ou son comportement hydrophobe, grâce à des procédés de fabrication spécifiques réalisés à basse température.
La norme EN17092 vérifie essentiellement si le matériau se perce ou non lors de l’abrasion. Elle ne mesure pas la température transmise à la peau pendant la glissade.
Lors des ARMALITH Test Days, certains matériaux très fins ont montré qu’ils pouvaient atteindre les distances d’abrasion importantes tout en générant des températures supérieures à 100°C dès les premiers mètres de glissade. À ces niveaux thermiques, des brûlures au deuxième et troisième degrés peuvent survenir avant même que le tissu ne se perce.
Dans certains cas, des polymères synthétiques comme le polyamide peuvent également fondre (260°C) et créer des microgouttelettes susceptibles de pénétrer sous l’épiderme, ce phénomène est connu des services médicaux d’urgences.
Les mesures réalisées lors de nos essais avec ARMALITH® montrent qu’au moment de la rupture du matériau, la température maximum enregistrée est de 56°C soit une brûlure du premier degrés.
Or les jambes comptent parmi les zones les plus exposées lors des accidents à moto. Le défi consiste donc à concilier simultanément :
• Protection
• Confort thermique et hydrophile
• Respirabilité
• Stretch
• Apparence discrète hors moto
C’est précisément ce défi qui a guidé le développement d’ARMALITH, un tissu pensé dès l’origine pour répondre à cette équation que les matériaux classiques ne résolvent pas.
Les normes moto jouent un rôle pour garantir un niveau minimum de sécurité et d’innocuité mais comprendre la protection réelle d’un vêtement moto nécessite d’aller au-delà :
• La distance de glissade
• La vitesse d’impact
• Le contrôle de la température générée lors de l’abrasion
C’est sur ces paramètres qu’ARMALITH® est conçu, testé et certifié. Parce qu’entre deux vêtements qui portent la même étiquette AA, la différence peut être considérable.
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